2 Corinthiens 1 : 3,4

Yahvé, le Dieu qui console

 « Béni soit Dieu, écrit l’apôtre Paul en 2 Cor 1 :3, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. » Évoquant Dieu, je ne sais pas quel est le trait ou l’aspect de Son caractère qui vous vient le premier à l’esprit. Si nous interrogions les gens autour de nous, il y a fort à parier que beaucoup d’entre eux, comme je l’ai encore entendu cette semaine, accuserait Dieu, au mieux d’indifférence envers le monde, au pire de mépris ou de dureté. Que Dieu, le Dieu de la Bible, soit perçu comme un Dieu qui console, un Dieu qui se tient auprès de ceux qui sont affligés et abattus pour les encourager, les soutenir, les réconforter ou les relever, semble, pour la plupart, être une réalité complétement inconcevable et étrangère à l’expérience humaine !

 Et pourtant ! Toute la Bible nous parle de Dieu comme d’un Dieu qui console.  Paul nous dit que le Père est le Père des miséricordes et le Dieu de la consolation. Luc nous dit en Luc 2 :25 que le Christ Jésus est la consolation d’Israël : Luc 2,25. Le Christ nous dit en Jean 16 : 7 que l’Esprit Saint est le Consolateur. Le Père est le consolateur, le Fils est le consolateur, l’esprit Saint est le consolateur, mais il n’y a pas trois consolateurs, il n’y a qu’un seul consolateur : Dieu 

 Un Dieu qui console Son peuple :

Alors que nous parlons de consolation, nous ne devons pas oublier que la première raison pour laquelle la consolation est nécessaire, c’est qu’elle est d’abord précédée par l’affliction. Paul le dit : afflictions et consolation sont deux réalités indissociables. « Le Père de notre Seigneur Jésus-Christ est un Dieu qui nous console dans toutes nos afflictions : 2 Cor 1,4. »

Les afflictions qui peuvent toucher l’enfant de Dieu sont multiples. Ce peut-être :

-          Comme Anne, la douleur de la stérilité. Se rendant au temple, Anne prie dans les pleurs : « Ô Dieu, daigne regarder l’affliction de ta servante : 1 Samuel 1,11;

-          La trahison d’un proche ou d’un ami, comme le vécurent David et Jésus;

-          La perte d’un être cher, comme ce fut le cas de Jacob pour Joseph, son fils, qu’il croyait mort;

-              L’annonce d’une maladie grave ou incurable;

-              La violence des gangs, les catastrophes naturelles, la haine d’un collègue, la jalousie d’un voisin   ;

-          Une injustice due au fait que l’on appartienne à Christ : Vous avez reçu, dit Paul aux Thessaloniciens, la Parole au milieu de beaucoup d’afflictions : 1 Thes 1,6;

-          Une épreuve particulière qui est due à la correction de Dieu. Faisant parler Jérusalem, Jérémie dit : l’Eternel m’a affligé au jour de son ardente colère : Lam de Jér 1,12.

 Quelle que soit la nature de l’affliction qui nous atteint, la Bible l’affirme : il n’est jamais dans la volonté de Dieu de nous laisser dans une tristesse ou un abattement continus. « Lorsqu’Il afflige, dit Jérémie, Il a compassion selon Sa grande miséricorde : Lam de Jér. 3,32.

 

 Les déclarations de Dieu dans la Bible sur Sa volonté de consoler Son peuple sont multiples :

-        Nous lisons en Esaïe 49,13 à 15 : On peut comme Sion penser un moment que Dieu nous a abandonné. C’est chose impossible ! Tôt ou tard, dans notre détresse, la consolation de Dieu nous visitera et nous relèvera ! la fidélité de Dieu est le gage de Sa consolation !

-          Esaïe 61,1 à 3 nous dit que la consolation de Dieu est au cœur du programme de la grâce, programme que Jésus a repris à Son compte lorsqu’il a pris la première fois la parole en public dans la synagogue de Nazareth : Luc 4,18-19

-        En Esaïe 40,1-2, nous voyons que la consolation est un ordre que Dieu donne après l’affliction. Il y a un temps où le pécheur doit être repris et affligé à cause de son péché et un temps où, après sa repentance, il doit être consolé. Au sujet d’un chrétien qui avait commis une faute, Paul écrit aux corinthiens, Il suffit pour cette personne d'avoir été blâmée par la majorité d'entre vous ; c'est pourquoi, maintenant, vous devez plutôt lui pardonner et l'encourager, pour éviter qu'une trop grande tristesse ne la conduise au désespoir.2 Cor 2,6-7. L’affliction, la tristesse doivent durer aussi longtemps qu’elles sont utiles. Une fois qu’elles ont porté leur fruit, elles doivent laisser la place à la consolation ! Veillons en la matière à ne pas être plus dur que Dieu !

-          Esaïe 66,12-13 nous dit de quelle manière Dieu veut consoler Son peuple : en nous faisant sentir, comme une mère, toute Sa tendresse et Son affection pour nous. Dans la consolation qu’Il prodigue, Dieu se montre un Père au cœur de mère !

.      Dieu : le meilleur consolateur

 Si Dieu se présente à nous sous les traits du consolateur, c’est qu’il y a des situations dans la vie du peuple de Dieu ou de certains hommes qui, en termes de douleurs, sont hors de portée des consolations humaines. Dieu seul peut, par Son Esprit, descendre dans la fosse de la détresse dans laquelle est plongé un homme pour venir le chercher et le relever.  J’en ai cité déjà quelques-uns, mais les exemples bibliques de personnes inconsolables que Dieu est venu relever sont multiples :

-          Il y a le cas de Jacob après que ses fils lui aient rapporté la tunique ensanglantée de Joseph. Tous ses fils et toutes ses filles vinrent, est-il dit, pour le consoler. Mais il ne voulut recevoir aucune consolation (entre parenthèses, je me demande bien ce que pouvait lui donner comme paroles de consolation les frères de Joseph, eux qui étaient coupables de l’avoir vendu à un marchand d’esclaves). Jacob disait : C’est en pleurant que je descendrai vers mon fils au séjour des morts : Genèse 39,35. La peine de Jacob ne disparaîtra qu’au moment où il verra de ses propres yeux ce que Dieu a fait pour Joseph du mal que ses frères avaient commis contre lui.

-          Il y a le cas d’Anne, femme d’Elkana, dont sa rivale Peninna se moquait pour sa stérilité. Son mari essayait bien de la consoler en lui disant : Est-ce que je ne vaux pas pour toi mieux que dix fils ? : 1 Sam 1,8. Sa réflexion maladroite ne faisait qu’accentuer sa souffrance. Anne ne sera consolée qu’au moment où Dieu lui fera la promesse de lui donner un fils.

-          Il y a le cas plus particulier de David et Bath-Shéba qui voient le fils né de leur adultère mourir. Après les avoir châtiés, Dieu les consola en leur donnant un nouveau fils, Salomon, qui deviendra le successeur de David : 2 Sam 12,24. L’exemple de Salomon confirme l’idée que la consolation de Dieu accompagne Son pardon.


  Nous devons donc accepter l’idée, en tant qu’êtres humains, qu’il y a certaines détresses, certaines afflictions que seul Dieu peut consoler :

-           Asaph le partage dans un des psaumes qu’il a écrit : Au jour de ma détresse, dit-il, je cherche le Seigneur ; la nuit, mes mains sont étendues sans se lasser ; mon âme refuse toute consolation. Je me souviens de Dieu et je gémis ; Je médite, et mon esprit est abattu : Psaume 77,3-4.

-          Au moment où Jésus naquit, eut lieu ce qu’on a appelé « le massacre des innocents », la mort de tous les enfants entre zéro et deux ans, ordonnée par Hérode, dans le territoire où était le village de Bethléem. A ce sujet, il est dit : On a entendu des cris à Rama, des pleurs et de grandes lamentations ; Rachel pleure ses enfants, et n’a pas voulu être consolée, parce qu’ils ne sont plus : Matthieu 2,17-18

Qui d’entre nous pourrait être à la hauteur pour consoler une mère qui vient de voir sous ses yeux son fils égorgé, sa famille décimée ? Il y a des consolations que Dieu seul peut prodiguer !

 Une de celles-ci est l’idée qu’un jour, au ciel, auprès de Dieu, tout sera bien et rétabli. Il y a des peines qui, j’en suis certain, sont si grandes que ce n’est qu’au ciel qu’elles seront apaisées. Jésus le dit de Lazare, le pauvre qui vivait chaque jour à la porte du riche, sans rien recevoir. Alors qu’il se trouve de l’autre côté, Dieu lui dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres : Luc 16,25. »

 Oui, dit encore Jésus : heureux sont les affligés, parce qu’ils seront consolés : Matthieu 5,4. Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation : Luc 6,24. Je ne sais pas comment sera le ciel, mais je trouve tout à fait juste et équitable que les croyants qui auront le plus souffert ici-bas soient ceux qui soient le plus consolés au ciel !

 Bonne et mauvaise consolation :

 Comment Dieu console-t-Il ? La Bible montre qu’Il utilise en général trois moyens :

-          Le 1er est le Saint-Esprit lui-même. Il est le Consolateur par excellence ! C’est un Esprit d’illumination et de révélation. Comme je l’ai déjà dit, alors que les paroles humaines sont impuissantes, Dieu est capable par son Esprit de nous faire entendre dans notre for intérieur une parole qui suffira à nous relever et nous remettre dans le bon sens.

 Asaph témoigne de cette expérience. Alors qu’il était amer contre Dieu, en voyant les méchants prospérer pendant que lui-même passait par l’épreuve, il dit : La difficulté fut grande à mes yeux, jusqu’à ce que j’ai pénétré dans les sanctuaires de Dieu : Psaume 73,16-17. Le regard d’Asaph a changé. Au lieu de voir les choses de son point de vue, il les voit soudain du point de vue de Dieu. Sur le champ, l’amertume le quitte pour faire place à la joie. Mille fois par jour, Dieu agit ainsi pour les croyants !

 

-          Le second moyen est l’Ecriture. « C’est ma consolation dans ma misère, Ta promesse me rend la vie, dit le psalmiste : Psaume 119,50. Tout ce qui a été écrit, dit Paul, l’a été pour notre instruction afin que, par la patience et la consolation que donnent les Ecritures, nous possédions l’espérance : Romains 15,4

-          Le 3ème moyen est celui des frères et sœurs, les membres du corps de Christ. Ils peuvent être une source de consolation pour l’affligé de différentes manières : par l’enseignement (Celui qui prophétise, dit Paul, parle aux hommes, les édifie, les exhorte, les console : 1 Cor 14,3), par la compassion (le fait de pleurer avec ceux qui pleurent : Rom 12,15, par le bien que l’on fait (l’exemple de Dorcas, dans les Actes, qui fabriquaient des habits pour les pauvres de l’église : Actes 9,39), par la solidarité qu’on manifeste, l’entraide, une visite, etc…

Paul et Jean nous rappellent que l’Eglise est le Corps de Christ et que l’amour des croyants les uns envers les autres ne doit pas se limiter aux paroles et à la langue, mais se traduire en actions et en vérité : 1 Jean 3,18.

Si nous pouvons être une source de consolation pour les affligés, la Bible montre que nous pouvons aussi, à l’image des amis de Job, nous montrer des consolateurs fâcheux : Job 16,2. Les consolateurs fâcheux sont de deux types :

-          Il y a le type Eliphaz, le monsieur qui n’a pas vécu ce que l’autre traverse, mais qui sait tout et qui a toutes les réponses. « On dirait, en vérité, que le genre humain, c’est vous, lui dira Job, et qu’avec vous doit mourir la sagesse : Job 12,2. Si tu t’approches de quelqu’un qui est dans l’affliction dans le but de lui donner des leçons, je te le dis : mieux vaut te taire. Tu lui feras plus de bien par ton silence que par tes paroles.

-          Il y a aussi le type Tsophar, le monsieur « verset biblique à tout bout de champ ». Certes, la Parole de Dieu est source de consolation. Encore faut-il qu’elle soit utilisée à bon escient et citée de manière appropriée ! Jésus l’a vécu dans la tentation : une parole de Dieu mal utilisée devient une parole du diable !

Soyons donc prudents et n’essayons jamais d’apporter une consolation biblique à quelqu’un d’affligé sans prière, discernement, et sans avoir bien compris ce par quoi la personne en question passe.

Dieu est toujours prêt pour nous consoler :

Dieu est si proche de ses serviteurs déprimés, accablés par la souffrance causée par les gens cruels de notre génération que c’est comme s’il résidait avec “ celui qui est écrasé et humilié [...] pour faire revivre le cœur des hommes contrits ”. (ÉSAIE 57 :15.) Qu’il est réconfortant de savoir que “ Dieu est près de ceux qui ont le cœur brisé ; et [qu’]il sauve ceux qui ont l’esprit abattu ” ! — Psaume 34:18. 

La Bible nous invite à épancher notre cœur devant lui : “ Ne vous inquiétez de rien, mais en toute circonstance demandez à Dieu dans la prière ce dont vous avez besoin, et faites-le avec un cœur reconnaissant. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que l'on peut imaginer, gardera vos cœurs et vos pensées en communion avec Jésus-Christ. ” — Philippiens 4:6, 7.

L’apôtre Paul présente Dieu, comme « le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions » ( 2 Corinthiens 1:3, 4 ). Ainsi, la Bible nous garantit que personne n’est hors de portée de la main secourable de Dieu et que notre Père céleste peut nous consoler des drames les plus graves.

Dieu est notre consolateur, le consolateur par excellence, et comme enfant de Dieu, nous devons nous aussi être des consolateurs. Nous devons consoler comme Barnabas, en Actes 4 : 36, il est surnommé « fils de consolation ».

Que le Dieu de consolation vous console les cœurs et qu’il bénisse sa Parole.