Psaumes 137

 

L’attitude du chrétien face à la déportation et aux déportés

 

Le mot déportation signifie Exil définitif d'un condamné, Ou Internement dans un camp de concentration à l’étranger.                

La déportation est l'action prise par un pouvoir politique pour obliger une catégorie ou un groupe de personnes, à quitter son habitat, soit pour l'obliger à s'installer ailleurs, soit pour le retenir dans des camps. Ces déportations ont été organisées par des dictateurs, des tyrans et des autocrates.

Parmi les grandes déportations de l’histoire, citons la déportation des intellectuels d’Haïti par le cruel Duvalier dans les années 60, celles des Tchéchènes et des Tartares par les Soviétiques, celles des Tziganes et des juifs par les Nazis.

Ce 25 avril en France est la journée nationale du souvenir des victimes de la déportation. 

La Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, ou plus simplement Journée nationale du souvenir de la déportation, est une journée nationale française au cours de laquelle est célébrée la mémoire des victimes de la déportation dans les camps de concentration nazis, pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a lieu le dernier dimanche d'avril. Elle a été instaurée par la loi du 14 avril 1 954.

En général les déportés arrivés au pays d’accueil sont appelés migrants. Ils sont généralement mal accueillis et sont accusés de tous les maux. Quel doit être l’attitude du chrétien face aux déportés?

  1. Exil Assyrien      

L'exil assyrien (ou la captivité assyrienne) est la période de l'histoire de l'antique Israël et de Juda au cours de laquelle plusieurs milliers d'Israélites, de l'ancienne Samarie, ont été déportés en captivité par l'Assyrie. C’est l'un des nombreux cas de déportations forcées mises en œuvre par l'Empire néo assyrien. Le royaume du Nord (Israël) a été conquis par les monarques néo assyriens, Tiglath-Pileser III (Pul) et Shalmaneser V. Les derniers dirigeants assyriens, Sargon Il, ainsi que son fils et successeur, Sennachérib, étaient responsables des vingt ans de disparition du royaume des dix tribus du nord. La capitale du royaume de Juda, Jérusalem, a été assiégée, mais pas prise. Les tribus déportées de force par l'Assyrie ont été appelées plus tard les dix tribus perdues.

  1. Dans la Bible nous retrouvons la déportation des juifs par les Babyloniens

Entre 597 et 538, le peuple juif a connu l'exil à Babylone. Dans psaumes 137 ils sont sur les bords du fleuve de Babylone pleurant ses collines, sa ville et son temple ravagés.

Coincé entre le delta du Nil et celui du Tigre et de l'Euphrate, situé en plein croissant fertile, Israël a toujours été un enjeu stratégique pour les grandes puissances du Moyen-Orient. Convoité par d'immenses empires comme l'Égypte, ou par des puissances à l'ascension fulgurante comme l'Assyrie, la Chaldée, la Perse, la Grèce et Rome, Israël a longtemps essayé de résister ou, à défaut, de jouer le jeu des alliances en payant tribut. Déjà en -701 Israël avait failli succomber à l'Assyrie. Cent ans plus tard, une nouvelle étoile monte dans le ciel du Moyen-Orient. Nabuchodonosor, roi de Babylone, renverse l'Assyrie et se rend maître de la région. Le roi Yoyaqîm, tenu par son alliance avec le Pharaon Néko, refuse de se soumettre, ce qui entraîne la reddition d'Israël et, en -597, a lieu la première déportation. Dix ans plus tard, Nabuchodonosor prend Jérusalem, brûle le Temple, rase les remparts et organise la seconde déportation. En -582 enfin, Nabuchodonosor réalise la troisième déportation. Et lorsque l'on parle de déportation, on ne parle pas seulement de déplacement de population. Il s'agit de conduire en esclavage les survivants d'un massacre. 

C'est donc à la fois la fin du royaume de Juda, la ruine du Temple et la déportation que connaît le peuple élu. En réalité il n'y a pas de plus grand événement dans l'existence du peuple juif que cet exil à Babylone. Il fallait comprendre le pourquoi un tel malheur était arrivé, quelle faute avait été commise pour mériter pareil châtiment. Quel était ce Dieu intraitable qui conduisait ainsi le monde. Et quelle serait l'issue. Ce fut quelques années plus tard la défaite de Nabuchodonosor face au Perse Cyrus qui donna la réponse. Cyrus permit en effet le retour de l'exil et la reconstruction du Temple. La Bible reviendra sans cesse sur le destin incomparable de ce peuple à la nuque raide auquel Dieu reste, envers et contre tout, fidèle.

La déportation est l'action d'obliger quelqu'un, le plus souvent un groupe de personnes, de quitter son habitat, soit pour l'obliger à s'installer ailleurs, soit pour le détenir dans des camps. Dans certains cas précis, tels le génocide des Arméniens, des Acadiens, des Juifs ou des Tsiganes, la déportation a pour objectif la destruction physique du peuple ou du groupe qui en est victime.

Les dictateurs tels que: Duvalier, Mussolini, Hitler, idi amin Dada ont déporté beaucoup de gens considérés comme adversaires politiques. Ces déportés ont beaucoup souffert, ils souffrent l'exil de leur terre natale, de leurs familles, de leurs amis,' ils souffrent de la ségrégation, du mépris, de l'humiliation et souvent de la misère. Quel doit être l'attitude du chrétien face aux déportés? Face aux migrants.

De nos jours la tendance est contre l’accueil des réfugiés, même ceux qui se disent chrétiens veulent fermer leur porte aux blessés et aux persécutés de la politique, de la guerre et des extrémistes religieux.

La Bible nous demande de bien accueillir le migrant, il dit : « L’étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d’Égypte. » Il ne s’agit donc pas d’abord d’un principe éthique, juridique, mais bien d’une exigence théologale. Aimer l’étranger est mis en lien avec une expérience qu’on dirait aujourd’hui spirituelle.

Jésus accueille le Centurion romain, guérit la cananéenne, parle positivement des Samaritains. Tout cela le met en opposition aux nationalistes de son propre peuple, ceux pour qui l’identité d’un peuple se définit par opposition aux autres.

Pour le chrétien, l’accueil et la solidarité envers l’étranger ne constituent pas seulement un devoir humain d’hospitalité, mais une exigence précise qui découle de la fidélité même à l’enseignement du Christ. Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’éthique, mais de foi.

"J'étais étranger et vous m'avez accueilli", nous trouvons cette déclaration de Jésus en Mathieu 25 : 35. Elle est précédée de phrases qui placent l’étranger sur le même rang que celui d’avoir faim ou soif : « Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » Autrement dit, accueillir l’étranger est aussi urgent que de donner à manger et à boire.

Toute la Bible contient une pléiade de versets nous exhortant à prendre soin de la veuve, de l’orphelin, du migrant et de l’étranger

Le Pape François a dit: 

Les vrais chrétiens s'intéressent aux sans-abri. Ils s'intéressent aussi aux pauvres, aux exclus, aux affamés et aux opprimés, aux déportés donc aux migrants.

Nous devons aider ceux qui sont démunis spirituellement à trouver une demeure céleste en leur annonçant l'Évangile, mais nous ne devons jamais négliger ceux qui sont pauvres matériellement, car l'Évangile concerne l’esprit, l’âme et le corps.

Un cœur pour Dieu aura aussi de la compassion pour les sans-abri.

 

Mon frère, ma sœur, il faut se rappeler que la compassion, c'est l'amour en action.

L'Apôtre Jean nous dit : «si tu dis que tu aimes Dieu que tu ne vois pas, et que tu n’aimes pas ton frère que tu vois, tu es un menteur… Nous avons de Dieu ce commandement, que celui qui aime Dieu, aime aussi son frère » (1Jn 4).

John Piper disait: L’église doit se préoccuper de toute la souffrance humaine et particulièrement de la souffrance éternelle. Si vous êtes mal à l’aise avec le “particulièrement de la souffrance éternelle“, c’est que vous avez une théologie défectueuse de l’enfer. Si vous êtes mal à l’aise avec la souffrance humaine, c’est que vous n’avez pas de cœur.

William Carey, souvent regardé comme le père des missions modernes, a fondé de nombreuses écoles pour les enfants de toutes les castes en Inde, il s’est impliqué dans la défense des droits de la femme, s’est intéressé à la condition des lépreux, etc. tout en maintenant haut le flambeau de l’Évangile. 

Je le répète, notre évangile doit concerner l'homme dans sa globalité: corps, âme et esprit. La souffrance des gens nous concerne, si nous sommes vraiment chrétiens.

Que Dieu vous bénisse!