3 Jean : 3-12
Êtes-vous Diotrèphe ou Gaius
Introduction :
Le mot église signifie appeler hors de, il est dérivé de deux mots grecs : eks qui signifie hors de et kalein qui signifie appeler. Dans l’église, on ne doit rencontrer que des sauver, des gens de bien, des adeptes de la vérité, des protecteurs des migrants, des protecteurs des pauvres, des protecteurs des affamés, des protecteurs de ceux qu’on maltraite et excluent, en un mot, des gens qui aime leur prochain.
Mais vous savez chers amis, il y a l’église locale et l’église universelle ou mystique. L’église locale est formée par des gens qui se disent chrétiens ou disciples du Christ, beaucoup de ces gens interprètent la Bible comme ils le veulent en créant des doctrines et des traditions; les adeptes de ces églises locales se nomment baptistes, pentecôtistes, presbytériens, méthodistes, adventistes, wesleyens et j’en passe. L’Église universelle ou mystique n’a pas de frontière, elle se trouve dans et hors de l’église locale, ses membres sont caractérisés par leur amour pour Dieu et pour le prochain.
Dans les églises locales du premier siècle on a rencontré des nés de nouveaux, des sauvés, comme on a rencontré des non sauvés, des gens dont la vie est pire que ceux qui ne se disent pas chrétiens. Aujourd’hui, nous allons vous parler de deux membres d’une église locale du premier siècle : Diotrèphe et Gaius. Et la question se pose êtes-vous un Diotrèphe ou un Gaius?
Developpement :
L’Arrière-plan historique de cette petite lettre nous donne un aperçu très vivant de la vie de l’Église à la fin de la seconde moitié du 1er siècle. A L’aide de quelques traits de plume succincts, l’apôtre nous décrit trois personnages : Gaius, homme spirituel et hospitalier, Démétrius, recommandé par tous, et Diotrèphe, égoïste et méchant.
Diotrèphe illustre peut être le tempérament autoritaire qui peut se rencontrer dans la structure de toute église locale. Ou bien, il peut symboliser la tendance pour un ancien de dominer sur les autres alors qu’à l’origine tous les anciens jouissaient d’une autorité égale. Cette tendance a conduit à « l’épiscopat monarchique » (domination d’un ancien appelé désormais l’évêque) à partir du 2ème siècle.
Le nom Diotrèphe signifie : nourri par Zeus. Comme notre texte nous le dit, il est un chrétien de l’église locale hautain, orgueilleux, ambitieux, médisant, inhospitalier et arrogant.
Diotrèphe affirme l’auteur s’était rendu coupable de trois choses : premièrement il tenait contre nous de méchants propos. Ces mots sont littéralement : portant de fausses accusations conte nous par de méchantes paroles. Ce responsable autoritaire faisait sans aucun doute de son mieux pour discréditer ceux qu’il ne voulait pas recevoir, le verset 9 fait allusion aux représentants de Jean l’apôtre.
Mais Diotrephe était allé bien au-delà des simples paroles, même si cela était déjà mal en soi. Non content de cela, il ne reçoit pas les frères, c’était sa deuxième faute. Son papotage malveillant constituait sans aucun doute la base de son refus d’hospitalité (en contraste avec l’hospitalité de Gaius). Et troisièmement, comme beaucoup d’autres dictateurs ecclésiastiques depuis ce temps, Diotrephe faisait tout son possible pour imposer sa volonté aux autres. : Ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l’Église.
Gaius :
Gaius était un frère fidèle et dévoué
- Tout d’abord, l’apôtre appelle Gaïus « le bien-aimé » (v. 1). Donc, il était un bien-aimé.
- En second lieu, l’âme de Gaius prospérait. L’apôtre formait des vœux disant: « Bien-aimé, je souhaite qu’à tous égards tu prospères et que tu sois en bonne santé, comme ton âme prospère » (v. 2). Nous pouvons avoir une excellente santé physique et une âme languissante. La prospérité de l’âme est donc à rechercher soigneusement et avant tout. Et comment cela ? Simplement en demeurant aux pieds de Jésus, en buvant à longs traits à la Source des eaux vives, en nous nourrissant du Pain de vie, puis en portant à d’autres ce que nous avons trouvé nous-mêmes en Christ, car « Celui qui arrose sera lui-même arrosé » (Prov. 11 : 25). Le psaume premier nous montre le bonheur de celui qui vit dans la séparation du mal et du monde et qui trouve son plaisir dans la Parole de Dieu: « Il sera comme un arbre planté près des ruisseaux d’eau… tout ce qu’il fait prospère » (Ps. 1 : 1 à 3 -comp. Jérémie 17: 7-8).
3) Le nom même de Gaius parle aussi à nos cœurs. Ce nom signifie « Joyeux ». Celui dont l’âme prospère peut bien être joyeux, même dans l’adversité. Le Cœur joyeux « égaie le visage » et « fait du bien à la santé » (Proverbes 15 : 13 et 17 : 22). « Le cœur heureux est un festin continuel » (Proverbes 15: 15).
4) Gaius « marchait dans la vérité ». Il est frappant de constater que l’apôtre mentionne ce trait avant de parler de son « amour pour les frères ». Dans notre temps, où les erreurs et les doctrines perverses se multiplient, il est de toute importance de « connaître la vérité » (2 Jean 1). Comme Esdras qui était un scribe « versé dans la loi de Moïse » (Esdras 7 : 6), puissions-nous sonder les Écritures, ne rien y ajouter et ne rien en retrancher, et « garder le bon dépôt par l’Esprit-Saint qui habite en nous » (II Tim. 1 : 14). Marcher dans la vérité, c’est donc suivre ici-bas les traces de Jésus et mettre en pratique la Parole de Dieu.
5) Gaius « exerçait l’hospitalité ». On pourrait même dire qu’il « s’appliquait à cela » (Rom. 12: 13). Aux Hébreux, il avait été dit : « N’oubliez pas l’hospitalité, car par elle quelques-uns, à leur insu, ont logé des anges » (Hébreux 13 : 2). La seconde épître de Jean nous désigne quels sont ceux que nous ne pouvons pas recevoir dans nos maisons: ceux qui n’apportent pas la doctrine du Christ, et en particulier ceux qui sont appelés sous les noms de « séducteur et d’antichrist » (2 Jean 7).
6) L’apôtre peut encore faire mention de la « fidélité » de Gaïus. « Bien-aimé, tu agis fidèlement dans tout ce que tu fais envers les frères et cela envers ceux-là même qui sont étrangers » (v. 5). Lydie, après sa conversion et son baptême, peut dire à Paul et Silas : « Si vous jugez que je suis fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous y contraignit » (Actes 16: 15). Comme cela est beau! Si nous sommes « fidèles au Seigneur », nous agirons fidèlement dans tout ce que nous ferons envers les frères. L’attachement du cœur à Christ se manifeste au dehors par notre dévouement pour nos frères.
7) Enfin, un dernier trait de ce réjouissant tableau, c’est l’amour de Gaius : il marchait dans la vérité, mais il marchait aussi dans l’amour. « Ces frères… étrangers ont rendu témoignage à ton amour devant l’assemblée » (v. 6). Quel beau témoignage! L’amour de Dieu était versé dans Son cœur par l’Esprit Saint, puis se répandait au dehors sur de bien-aimés frères qu’il recevait chez lui et auxquels il donnait tous ses soins affectueux.
Le contraste entre Gaïus le juste et Diotrèphe l’impie est frappant, car ils sont aux antipodes l’un de l’autre. Alors que le premier est hospitalier et plein de grâce, l’autre est son contraire. Gaïus aime la vérité et Diotrèphe adore se regarder dans une glace, en fait du bronze poli, et il est émerveillé par ce qu’il voit car il s’aime lui-même. Il se sert de la position d’autorité qu’il a réussi à usurper, probablement par l’intimidation, pour tyranniser l’église. Jean ne réprimande pas Diotrèphe pour une hérésie mais pour son arrogance.
L’apôtre dit avoir déjà écrit une lettre à l’église, et comme il utilise le singulier, c’est qu’il parle de la même assemblée dans toute la lettre, celle dont Gaïus fait partie. Mais il ne semble pas que ce dernier soit au courant de l’existence de cette lettre bien qu’elle ait été adressée à l’assemblée dont il est l’un des responsables. Cette lettre s’est donc perdue et tout porte à croire que Diotrèphe l’a interceptée.
La description que Jean fait de Diotrèphe, à savoir que « il aime être le premier », est au cœur même du problème. En grec, cette expression est un participe composé de « aime » et « premier », « être » étant sous-entendu. En un seul mot, Jean peint les mobiles de Diotrèphe, qui sont aussi ceux de tous les chefs de parti et de tous les fondateurs de sectes; ce sont de gros égoïstes imbus et centrés sur eux-mêmes. L’orgueil, une vaniteuse ambition, est la cause de la plupart des divisions partout et en tout.
En voulant « être le premier », Diotrèphe rejette les autres et les paroles de Jésus qui dit :
Celui qui s’élève sera abaissé (Matthieu 23.12). Beaucoup qui sont maintenant les premiers, seront les derniers (Marc 10.31).
Dans le Nouveau Testament, le mot grec pour « le premier » n’apparaît qu’ici et dans l’épître de Paul aux Colossiens (1.18) où il est question de la prééminence de Jésus-Christ parce qu’il occupe le premier rang en tout. Indirectement, Jean accuse donc Diotrèphe d’usurper la place de Jésus. C’est très grave, parce que par son ambition personnelle et le pouvoir despotique qu’il exerce au sein de l’église qu’il dirige à sa manière, Diotrèphe occupe effectivement le rôle du Seigneur qui est le seul chef de l’Église. Il n’est donc pas surprenant que Diotrèphe n’accepte pas l’autorité apostolique de Jean et qu’il ne tienne pas compte de ses paroles.
En quelques mots, Jean adresse quatre reproches à Diotrèphe. Premièrement, il s’est rendu coupable de tenir contre lui de « méchants propos ». La diffamation est l’arme préférée des politiciens et tous ceux qui cherchent à s’élever au-dessus des autres. Au lieu de gagner la confiance du peuple en manifestant un caractère vertueux, les médisants essaient de démolir la confiance accordée à d’autres qu’à eux-mêmes.
Le verbe grec rendu par « tenant de méchants propos » (fluarôn) n’apparaît qu’ici dans le Nouveau Testament, mais un mot similaire est rendu par « parler à tort et à travers » dans la première lettre de Paul à Timothée (5.13). Les accusations malveillantes de Diotrèphe contre Jean sont perverses, fausses et diffamatoires. S’il s’attaque sauvagement à l’apôtre, c’est parce qu’il le perçoit comme une menace contre son trône, son pouvoir et son prestige au sein de l’église. C’est aussi ce qu’ont fait les faux enseignants contre Paul dans l’église de Corinthe (2Corinthiens 7.2, 3 ; 10.10 ; 11.5-7 ; 12.15 ; 13.3). Les Écritures condamnent sévèrement et de manière répétitive toute forme de calomnie et de médisance.
Deuxièmement, et comme cela a déjà été dit, Diotrèphe « refuse de recevoir les frères de passages » qui proclament pourtant la vérité de l’Évangile. Troisièmement et c’est encore pire, il « empêche » les membres de l’église qui veulent exercer l’hospitalité envers les prédicateurs itinérants en les intimidant. Quatrièmement, « il les chasse »; il met le comble à son ignominie et utilise sa position pour excommunier ceux qui osent lui tenir tête. Il va sans dire que par son comportement odieux et en refusant le gîte et le couvert aux prédicateurs, Diotrèphe freine la progression de la Parole de Dieu, mais on peut être sûr que c’est son dernier souci parce que sa devise est « diriger ou détruire ».
Il a l’attitude du dictateur ecclésiastique qui aime se mettre en évidence, qui refuse de servir qui que ce soit, et qui veut qu’on soit à son service avec tapis rouge et sonnerie de trompettes. Prétentieux et sûr de lui, Diotrèphe fait le beau, aime s’entendre parler et n’a besoin de personne. Il fait penser à la fable de La Fontaine de la grenouille qui « se veut faire aussi grosse que le bœuf ». Sa conduite est peut-être banale en politique mais scandaleuse dans l’Église de Jésus-Christ. On comprend aussi pourquoi Jean dit à Gaïus de ne pas se laisser intimider par ce tyran, de tenir ferme et de continuer son ministère d’hospitalité.
L’orgueil et la soif de pouvoir sont presque toujours à l’origine des conflits humains y compris dans les assemblées chrétiennes. Le plus tragique est que par crainte de la confrontation ou au nom de la tolérance, les responsables d’églises refusent souvent de prendre les mesures nécessaires à l’égard de leurs Diotrèphes. Jean par contre n’a aucune intention de se laisser marcher sur les pieds ; malgré son grand âge, il va confronter cet impie pour le bien de l’Église et pour l’honneur de Jésus-Christ.
Le responsable d’église mais aussi le musicien et celui ou celle qui a une belle voix, ainsi que tous ceux qui ont un talent quelconque, peuvent être tentés de se croire supérieurs aux autres et vouloir se hausser au-dessus d’eux. Cependant, Jésus dit :
Si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur, et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous (Marc 10.43-44).
« Les postes de gouvernement qui vous sont confiés par Dieu ne sont qu’un appel à servir ». Nous devons nous garder du « désir de puissance », tout d’abord, qui s’exprime de multiples façons dans la vie de l’Église et guette tout mouvement ou communauté - notamment la toute-puissance du berger qui ne délègue que « théoriquement » aux autres, mais qui en réalité, décide de tout dans la communauté et pour tout le monde.
« Cette volonté de puissance annule toute forme de subsidiarité. Cette attitude est laide et finit par vider de force le corps ecclésial.
« Nous disons que nous voulons servir Dieu et les autres, mais en fait nous servons notre ego, (…) notre désir d’apparaître, d’obtenir la reconnaissance, l’appréciation ».
Des signes de ce double jeu apparaissent quand les responsables ecclésiales se présentent comme « les seuls interprètes du charisme, lorsqu’ils se débrouillent pour occuper leur fonction à vie ou décider de leur successeur.
« Nul n’est maître des dons reçus pour le bien de l’Église, nul ne doit les étouffer ».
La dernière chose à éviter est le risque de « s’enfermer dans une tour d’ivoire », de « quitter l’aujourd’hui que nous vivons », « de vivre dans un “monde parallèle”, distillé, loin des vrais défis de la société, de la culture et de tous ces gens qui vivent à côté de nous ».
« Penser que vous êtes “la nouveauté” dans l’Église, et donc n’avez pas besoin de changement, peut devenir une fausse sécurité. Même les nouveautés vieillissent vite ! »
Conclusion :
Chers frères et sœurs, soyez des Gaius et non des Diotrèphe. Vivez dans la vérité. Appliquez la Parole de Dieu afin de prospérer à tous égards. Soyez toujours joyeux, malgré tout. Exercez l’hospitalité envers tous surtout envers les frères et les sœurs. Agissez fidèlement dans tout ce que vous faites envers les frères et envers les étrangers. Ne soyez pas orgueilleux. Ne soyez pas arrogants. Ne nous comportez pas comme des despotes. Et enfin aimez, aimez Dieu, les frères, les sœurs et tout le monde.
Que Dieu bénisse sa Parole.