Jean 10 : 1-11 ; 1 Pierre 2 : 21-25
Jésus : la porte et le bon Berger
Quand nous sommes venus ici aujourd’hui, nous sommes tous entrés par une porte. Je n’ai vu personne grimper au mur et passer par une fenêtre. Pour entrer dans la maison chez nous, nous passons par une porte. Il m’est déjà arrivé un jour de passer par la fenêtre parce que j’avais oublié ma clé, mais normalement nous passons par la porte. La porte nous permet d’entrer et de sortir très facilement. La porte est une image très simple à comprendre. Jésus se sert d’images tirées de la vie courante pour nous faire comprendre des vérités profondes. En même temps, le chapitre 10 de Jean est déroutant parce qu’il contient deux métaphores superposées, Jésus est à la fois porte et Berger.
Dans notre premier texte de base, Jésus vient de guérir un aveugle-né. Certains sont émerveillés, d’autres restent sceptiques, s’interrogent et doutent qu’il est le Christ. C’est alors qu’il raconte une histoire étrange. Il parle d’enclos, de porte, de brebis et de bergers et le texte de l’Évangile nous dit que personne ne comprend ce qu’il veut dire. Jésus continue son propos, et se présente comme la porte de l’enclos, puis comme le bon berger. Jésus est la porte et en même temps il est le bon berger. Mais comment peut-il être les deux? Comment Jésus peut-il être le berger qui entre par la porte de la bergerie et en même temps être lui-même la porte? Ce qui paraît encore plus complexe. Comment Jésus peut-il être à la fois la porte et le berger ? Avons-nous ici une, deux ou trois paraboles différentes, comme certains le pensent ? Difficile à dire. Quoi qu’il en soit, il est clair que plusieurs messages se superposent dans ce texte. Méditons-le quelques instants et ouvrons nos cœurs à l’action de l’Esprit Saint afin de recevoir ce que le Christ veut nous dire ce matin par ces paroles. Jésus est réellement la porte par laquelle nous avons accès à de grandes richesses et en même temps Jésus est le bon berger qui prend soin de nous.
1°) « Je suis la porte. Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et il trouvera des pâturages » dit Jésus. Tout d’abord, Jésus se présente comme la porte de l’enclos où les bergers rassemblaient leurs troupeaux la nuit afin de les protéger. Cette porte était gardée. Le gardien ne l’ouvrait qu’aux bergers qui venaient au matin chercher leurs troupeaux. Ils appelaient alors leurs moutons et les conduisaient dehors dans les pâturages.
A partir de cette scène pastorale, Jésus se présente comme la porte qui donne accès au salut et à une vie abondante. Cette porte est exclusive Il n’y a qu’une seule porte. Jésus ne dit pas: « Je suis une porte parmi d’autres. » Non, il dit: « Je suis LA porte. » Il est la seule porte d’entrée. Nous ne pouvons pas avoir accès à Dieu et à son riche trésor autrement que par lui. Jésus prétend à l’exclusivité. Jean 14:6: « Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » En dehors de lui, l’accès est strictement interdit. Dieu est saint, nous sommes pécheurs. Si nous osons nous approcher par un autre moyen, c’est la mort certaine. Cette prétention à l’exclusivité va complètement à l’encontre de notre société pluraliste. La philosophie pluraliste croit qu’il y a plusieurs portes, plusieurs chemins, plusieurs vérités. Il ne faut surtout pas imposer sa vérité aux autres. Notre culture prône la tolérance ; Il faut tolérer toutes les idées, toutes les façons de vivre, sauf ceux qui disent qu’il y a un seul chemin. Si vous dites que Jésus est la seule porte d’entrée, vous pouvez être certains que cette idée ne sera pas tolérée longtemps. Le fait que Jésus soit la seule porte est essentielle au christianisme. Toutes les autres religions peuvent se passer de leur fondateur. Les religions du monde sont un ramassis de « vérités » spirituelles (ou prétendues vérités), avec des méthodes et des techniques par lesquelles nous pourrions avoir accès à Dieu, au ciel ou au bien-être. Il fallait bien sûr quelqu’un pour découvrir ces méthodes ou ces « vérités », mais quelqu’un d’autre que Bouddha, Krishna ou Mahomet aurait très bien pu les découvrir sans rien changer à ces religions. Jésus, lui, ne prétend pas simplement connaître la vérité. Il dit qu’il est la vérité. Il est lui-même la porte. Il nous faut absolument entrer par lui. Comment Jésus peut-il prétendre à l’exclusivité? Parce qu’il est un homme parfait et en même temps vrai Dieu éternel. Nous méritons la mort éternelle. Nous méritons d’être séparés de Dieu à cause de nos péchés. Jésus a pris sur lui notre culpabilité. Il est mort à notre place, pour que nous ayons libre accès à Dieu. Éph. 2:18: « Car par lui, nous avons les uns et les autres accès auprès du Père dans un même Esprit. »
Il est cette porte pour tous, les bergers et les brebis. Ce qui veut dire que chacun est invité à croire et à accepter qu’il est le Christ, pour avoir accès à cette vie nouvelle. Jésus est venu dans ce monde pour donner à tous une vie abondante. Une vie réconciliée avec Dieu, avec soi-même et avec les autres. C’est lui qui ouvre à l’homme les portes de l’éternité. Par son sacrifice, sa mort sur la croix, il libère tous ceux qui croient, de toute crainte et de toute culpabilité. « Il n’y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Christ », écrivait l’apôtre Paul à l’Église de Rome, car toutes les fautes, les péchés, ont été expiés à la croix. C’est en lui que Dieu pardonne toutes nos fautes. Bien qu’innocent, Jésus a accepté d’être traité de coupable à notre place. C’est le sens de sa mort. Par sa résurrection il ouvre les portes de l’éternité pour tous. Dès lors, il suffit de se repentir et de croire pour avoir accès à cette vie abondante qui commence ici et se prolonge jusque dans l’éternité. Quelle grâce extraordinaire ! Quelle espérance pour nous aujourd’hui !
Celui qui passe par cette porte, celui qui est né de nouveau doit être différent des autres.
Paul a dit qu’on est sauvé par la grâce, Jacques a dit celui qui est sauvé doit le montrer par ses œuvres. Celui qui passe par la Porte, c’est-à-dire qui passe par le Christ renonce au monde, il vit par la foi et non par les actions magiques ou vodouesques, il suit le Christ seul et met en application ses préceptes, il renonce à lui-même, il se charge chaque jour de sa croix, il ne regarde pas en arrière, il n’adore pas Dieu et l’argent, ni Dieu et pouvoir. Celui qui passe par la Porte n’est pas un conformiste ; c’est quelqu’un qui sait dire non comme l’apôtre Pierre, C’est quelqu’un qui s’oppose à l’oppression, à la dictature et à la tyrannie, comme Matin Luther King, c’est quelqu’un qui aime son frère et sa sœur, c’est quelqu’un qui accueille le migrant et le blessé comme la sœur Térésa.
Ceux qui passent par la porte étroite confessent publiquement le Christ. En Romain 10: 9,10 nous lisons : Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut ;
Ceux qui passent par la porte étroite pratiquent de bonnes œuvres, Ephésiens 2: 10, Jacques 2: 17, 26, car la foi est justifiée par les œuvres.
Ils croissent spirituellement.
Ils aiment les autres, Galates 5: 6
Ils sont toujours joyeux, I Pierre 1: 8
Ils persévèrent dans la manifestation de sa foi, Jean 8: 31, Apocalypse 14: 12.
Cette persévérance ne dépend pas d’eux mais de Dieu, Romains 11: 29; Colossiens 3: 3; II Thessaloniciens 3: 3; I Pierre 1: 23 Jude 24.Ne l’oublie pas, c’est Dieu qui produit en nous le vouloir et le faire selon son bon plaisir. Phil 1 :6
2°) « Je suis le bon berger… » Cette seconde image s’adresse plutôt à ceux qui croient.
Jésus est le bon berger. Il se propose de l’être, pour tous ceux qui veulent croire. Il est celui qui connaît chacun par son nom. Il est ce berger qui sait les besoins spécifiques de chacun et qui agit en fonction de cela. Il est le seul capable de combler toutes nos attentes. Il est celui qui garde et protège. Il conduit chacun au quotidien. Il est toujours présent et attentif à tout ce que nous vivons. Présent dans nos moments de joie, présent dans nos moments d’épreuves et de difficultés. C’est un bon berger. Il veille sur ses brebis en permanence. Et s’il arrive que l’une d’entre elles s’égare, il la cherche avec amour jusqu’à ce qu’il la trouve afin de la ramener au bercail. Sollicitude, amour, sacrifice, patience, voilà Le Bon Berger. Il donne Sa vie pour Ses brebis, Il cherche les égarées, pour les ramener.
« Le bon Berger Donne sa vie pour ses brebis » dit Jésus. C’est ce qu’il a fait. Le bon Berger est prêt à tout pour ses brebis. Ce qui fera dire à l’apôtre Paul: « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous? Lui qui n’a point épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi toutes choses avec lui? » (Romains 8: 31-32). Et le Psalmiste aux psaumes 23 dit : L’Eternel est mon Berger…« Je ne manquerai de rien. » La puissance, la grâce, la bonté, l’intérêt d’un Dieu fidèle : voilà de quoi donner de l’assurance à travers toutes les circonstances de la vie. Puisque c’est Lui qui s’est chargé d’avoir soin de ses fidèles, comment ceux-ci manqueraient-ils de quelque chose ? Ni les événements, ni les moyens qu’il emploiera ne doivent nous préoccuper. Les soins du Berger nous donnent la tranquillité. La sollicitude divine nous fait reposer dans de verts pâturages. Sa bonté nous rafraîchit sans cesse. Lorsqu’on est abattu au milieu de l’épreuve, de la mort ou du danger, Il restaure l’âme. Lorsqu’on marche par la vallée de l’ombre de la mort, le Berger fidèle est là, plus fort que la mort, pour conduire et pour soutenir.
Il dresse devant ses bien-aimés, la table à laquelle ils s’asseyent à l’abri. Tous les dangers ne sont que l’occasion de manifester clairement que YAHVE, le Berger, est la sauvegarde infaillible de son peuple.
On demandait une fois à un jeune garçon, si la brebis sur les épaules du berger était encore en danger d’être dévorée par le loup ? « Oh ! non » répondit-il : « Il faudrait que le loup mangeât d’abord le berger. » C’est-à-dire que la vie du croyant est indissolublement liée à celle de Christ son Sauveur. Là est le repos, dans le chemin de la foi, repos de la conscience et repos du cœur, et là, dans l’épaule du bon Berger se trouve la force dont nous avons besoin. Nous avons le désert de ce monde à traverser ; des dangers et des pièges de toutes sortes s’y trouvent ; l’ennemi de nos âmes est là aussi déployant ses artifices pour nous séduire ; mais le Seigneur est plus puissant que l’ennemi. Il nous porte sur ses propres épaules, sa puissance nous soutient. C’est avec joie que le Berger met sa brebis sur ses propres épaules. Le Berger introduit sa brebis retrouvée dans sa propre maison. Belle image de la position toute nouvelle dans laquelle est placé tout pécheur converti. Il n’est pas replacé dans l’ancien bercail, mais dans la maison du Bon Berger. Ainsi, le pécheur, sauvé par la foi, n’est pas placé dans le paradis terrestre, tel qu’Adam l’a perdu par son péché ; à la place de la terre qui avait été donnée à l’homme, et que celui-ci a perdue par sa désobéissance, le Dieu d’amour a ouvert le ciel aux croyants pour l’éternité.
Il a donné sa vie pour toi, pour moi, c’est le gage de son amour, le gage de sa fidélité. Il ne t’abandonnera jamais ! Il est prêt à tout pour toi ! Si tu acceptes d’être sa brebis.
L’image du bon berger et des brebis nous rappelle également que la vie chrétienne ne se vit pas en solo, mais en communauté, en communion avec d’autres. C’est l’Église qui nous permet de vivre cette dimension et d’être un lieu de témoignage et d’accueil afin que d’autres encore puissent connaître la joie du salut et l’espérance de la vie éternelle.
« Je suis la porte… Je suis le bon berger »
Jésus s’adresse à chacun d’entre nous ce matin à travers cette parole. Au-delà de l’image qui peut nous paraître dépassée (celle des brebis et du berger), il y a chaque être humain, vous et moi, et le Dieu de tout l’univers. Il y a notre vie en ce monde et notre éternité. Il y a cette invitation à laquelle chacun doit répondre. Invitation à croire que Jésus est le Christ, et que son sacrifice rend possible l’accès à cette vie nouvelle, vie de paix et de liberté, vie éternelle qui demande un acte de foi et d’obéissance de notre part.
Il y a, pour tout chrétien, cette merveilleuse espérance et assurance, à savoir que le Christ est le bon berger. Celui qui nous aime, qui a donné sa vie pour nous, et qui prend soin de nous au quotidien. Il connaît tout de nous, même notre nom. Il a promis qu’il sera avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde et qu’il nous accueillera au-delà de ce monde dans sa gloire.