Luttons contre le racisme et la discrimination

Deutéronome 10:17-19.

Car l'Éternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent,
  qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, qui aime l'étranger et lui donne de la nourriture et des vêtements. Vous aimerez  l'étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d'Égypte
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  Définition du racisme

Etymologie : de l'italien razza, sorte, famille, souche, venant du latin ratio, ordre, catégorie, espèce, partie.
  
Le racisme est un système de théories et de croyances individuelles ou collectives selon lesquelles il existe des "races" dans l'espèce humaine et une hiérarchie entre elles

Les individus sont réduits à un ensemble de critères identitaires considérés comme spécifiques et sur lesquels il est porté des jugements de valeur : inférieurs, nuisibles... 
  
Ces théories servent alors à légitimer des doctrines politiques racistes qui recherchent la domination d'une "race", considérée comme pure et supérieure, sur les autres. Des droits, reconnus à certains, sont contestés à d'autres. 

Au-delà du sentiment d'hostilité envers un groupe racial, le racisme sert à justifier des entreprises de marginalisation (ghettos), de ségrégation, d'exclusion, d'anéantissement (pogroms), de génocide.
  
  Depuis l'Antiquité, le racisme s'est manifesté de différentes manières : 

Les théories racistes sont nées au XIXe siècle à partir de travaux sur la séparation des races et la discrimination de groupes d'individus. La thèse de la race germanique "pure", dite "aryenne", défendue par Joseph Arthur Gobineau (1816-1882) dans "Essai sur l'inégalité des races humaines" (1853-1855) a été exploitée par les pangermanistes puis par les nazis.

Définition de la discrimination

Etymologie : du latin discriminare, de crimen, point de séparation.
  
Dans le domaine social, la discrimination est la distinction, l'isolement, la ségrégation de personnes ou d'un groupe de personnes par rapport à un ensemble plus large. Elle consiste à restreindre les droits de certains en leur appliquant un traitement spécifique défavorable sans relation objective avec ce qui permet de déterminer l'ensemble plus large.
  
Qu'elle soit volontaire ou inconsciente, la discrimination porte atteinte, à l'égalité des droits, à l'égalité des chances, mais aussi à l'égalité des devoirs de chacun.

Dans ce monde où nous vivons, les gens souffrent beaucoup. Ils souffrent de la discrimination, de la ségrégation et de l’injustice. Face à ces souffrances de nombreux intellectuels du monde préconisent la violence. Aussi d’après un noir des Etats-Unis : Rap BROWN, il faut lutter jusqu’à la mort pour détruire l’injustice raciale, l’oppression et l’exploitation des hommes. Si pour certains intellectuels du monde on doit lutter contre la violence de la ségrégation et de la discrimination par la violence, le chrétien peut-il utiliser la violence dans sa lutte contre la discrimination, ou encore, comme ouvrier chrétien, comment doit-on agir face au racisme, à  la ségrégation et à la discrimination ?

Avant de répondre à cette question, analysons la situation des hommes qui vivent dans le système de la ségrégation raciale.

Le ségrégationnisme est un système inhumain ; ce système a été fondé par des gens riches du monde pour conserver leurs privilèges. La ségrégation raciale est la séparation physique des personnes de couleurs différentes dans les activités qu'elles exercent couramment que ce soit manger au restaurant, boire de l'eau à une fontaine, utiliser des toilettes, aller à l'école ou au cinéma, ou pour louer ou acheter une maison. La ségrégation peut exister de jure (expression du latin signifiant de droit), instaurée par la loi, ou de facto (du latin, de fait).Dans ce système, les gens ne souffrent pas seulement dans leur chair, ils souffrent aussi dans leur esprit. Dans ce système, on torture les gens physiquement et mentalement. Les gens souffrent beaucoup dans ce système ; et puisque là où un homme souffre, c’est le Christ qui souffre, le chrétien doit se mettre debout pour dire : « ça suffit devant les tortures et l’injustice prônées par ce système ».Il ne peut pas se résigner et demeurer passif.

 Nous devons défendre le droit de tout homme à vivre, à posséder ce dont il a besoin pour mener une existence digne, … à traverser avec sérénité les périodes de maladie et de vieillesse , et  tout mettre en œuvre, efficacement, pour que chacun ait les moyens matériels nécessaires, pour qu'il y ait du travail pour tous, et que personne ne se trouve injustement limité dans sa vie familiale et sociale. 

N’oublie pas la déclaration de Jésus en Mathieu 25 :42,43 : Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger, j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais un étranger et vous ne m'avez pas accueilli, nu et vous ne m'avez pas vêtu, malade et prisonnier et vous ne m'avez pas visité.

Nous avons l’obligation d’aider nos frères et sœurs en souffrance, nous devons dire non aux injustices sociales.

Mes frères et mes sœurs les chrétiens authentiques qui prêchent l’évangile total à l’homme total, ne rêvent pas naïvement d’instaurer le paradis sur terre et d’abolir l’injustice. Au contraire, nous savons qu’un océan d’oppression pilonnera l’humanité jusqu’à ce que celui à qui même les vents et la mer obéissent, commande à cette tempête de cesser (mt 8 :27).La mission biblique consistant à défendre le droit et à secourir l’opprimé est un thème à part entière et magnifique de l’héritage chrétien (Esaïe 1 : 17). « Apprenez à faire le bien, Recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve »

Ils sont peut être tombés dans l’oubli aujourd’hui, mais bon nombre des plus grands héros du christianisme biblique dans l’histoire étaient pleinement engagés dans la quête de la justice.

Aucun des grands évangéliques du 19ème  siècle qui se sont battus si courageusement pour abolir l’esclavage (WILLIAM WILBERFORCE, Charles FINNEY, William Lloyd GARISSON, Edward BEECHER, ELIJAH LOVEJOY, Theodore Dwight WELD) n’auraient pu concevoir que Jésus Christ put être honoré par une vie de consécration chrétienne qui n’aurait pas inclus une réaction d’amour chrétien envers les opprimés. Pour certains, ce fut précisément leur conversion au christ  qui les amena à prendre position contre l’esclavage. Comme il l’a rapporté dans son autobiographie, John Gregg Fee fut confronté au prix à payer pour mener une vie de disciple alors qu’il était à genoux et qu’il priait avec angoisse : «  j’ai compris qu’adopter le principe de l’abolition et en porter le nom revenait à me couper de ma famille et de mes anciens amis. ». Mais il pria : «  Seigneur, s’il le faut, fais de moi un abolitionniste. »Plus tard, il a dit s’être relevé de prière ce jour-là « conscient d’être mort pour le monde et d’avoir accepté le Christ dans toute la plénitude de son caractère tel qu’il  le comprenais alors ».

Nous vivons à une époque de «  jumboïsme », où les hommes trouvent sécurité en ce qui est grand et vaste : grandes villes, grands buildings. Ce culte du gabarit en a conduit beaucoup à craindre d’être identifié à une idée minoritaire. « De nombreux chrétiens sincères sont en privés opposés à la ségrégation et à la discrimination, mais ils appréhendent d’encourir la condamnation publique. Souventes fois, certains chrétiens veulent élever leur voix contre la ségrégation, mais pour ne pas être accusés de révolutionnaires, de communistes, ils se taisent ; ils vivent dans le conformisme. Ils ont peur  de parler  pour le faible, l’exploité et l’opprimé. Contrairement aux conformistes de l’église, le chrétien authentique doit s’intéresser aux âmes des hommes comme aux souffrances humaines ; il doit prêcher pour le salut des hommes et aussi lutter contre les maux de la société ; il doit aider les gens à vivre très bien dans leur esprit et dans leur corps. Il doit se mettre debout contre le racisme, l’exploitation, la discrimination et l’oppression. Il  doit faire savoir à tous qu’en maltraitant et humiliant les paysans, les ouvriers et autres, c’est le Maitre qu’ils humilient.

Les hommes ont adroitement combiné les données de la religion, de la science et de la philosophie pour appuyer la doctrine de la suprématie blanche. Cette idée a été imprimée dans chaque manuel et prêchée du haut de pratiquement toutes les chaires. Elle devenait partie intégrante de la culture ; les gens croyaient que le noir est par nature inferieur et que l’esclavage a été voulu par Dieu. Le chrétien authentique doit s’élever contre ces genres de théories. 

Le chrétien authentique doit lutter contre la ségrégation d’abord dans l’église, ensuite, il doit assaisonner le monde, il doit faire jaillir la lumière de la vérité sur le monde. Les hommes étant tous créés a l’image de Dieu ont droit, au respect et  à l’amour. A l’instar de Martin Luther king junior, il doit lutter pacifiquement contre la discrimination et l’exploitation. Accepter patiemment l’injustice est à la fois lâche et immoral a dit le docteur Martin Luther KING.

Face au racisme et à la discrimination, le chrétien authentique ne doit pas avoir peur, il doit lutter pour la justice sociale même si l’univers s’effondrait. Il a la grande responsabilité de brandir la torche de la vérité dans tous les systèmes où règnent la discrimination, la corruption, l’exploitation, le mensonge et la torture.

Le chrétien authentique doit prier avec ardeur incessante pour la justice sociale, mais il doit aussi élaborer un programme, s’organiser en action non violente de masse et mettre en œuvre toutes les ressources de son corps et de son âme pour mettre fin à l’injustice sociale. Il doit prier sans arrêt pour la justice économique, mais il doit aussi mettre diligemment en action des formations sociales qui assureraient une meilleure répartition des biens à l’intérieur de sa nation et dans les régions sous-développées du monde. Tout attendre de Dieu sans rien faire nous-mêmes, ce n’est pas de la foi, mais de la superstition. Donc, le chrétien authentique doit prier et agir, comme le dit notre chant : prie, agis, jour après jour.

Longfellow déclara avec raison : « en ce monde, un homme doit être ou l’enclume ou le marteau ». Signifiant par là qu’il doit ou modeler la société ou être modelé par elle.

Le péché, le mal, l’injustice seront toujours symptômes visibles d’une société corrompue, déchue, mais vous chrétiens, ne vous réfugiez pas derrière une quelconque timidité ou faiblesse, votre soi-disant insuffisance… c’est de votre responsabilité d’être agissant là où vous êtes pour faire briller la lumière, pour ralentir la corruption, pour lutter contre tout ce qui porte atteinte à l’honneur de Dieu et à la dignité de l’homme.

Etre sel de la terre, lumière du monde, un privilège certes, mais une grande responsabilité.

En réponse à des sondages, la société française dit ne pas attendre grand-chose des chrétiens, sinon rien. Même des chrétiens sont nombreux à partager le doute sur leur vocation ou leur capacité à susciter plus de confiance que d’autres. Nous ne sommes pas des modèles, nous ne sommes pas assez cohérents, avec les valeurs que nous professons, la foi et l’appartenance à une église sont une force qui nous aide à vivre, non un engagement à agir dans la société.

La société a du mal à reconnaître les principales valeurs évangéliques dont se réclament les chrétiens (tolérance, partage des richesses, refus de l’exclusion) : Deux français sur trois pensent qu’elles sont devenues valeurs communes à notre civilisation et que les chrétiens sont mal placés pour les exprimer. Elle peine également à identifier les chrétiens comme une composante sociale déterminée. Elle connaît et apprécie des chrétiens : des personnalités qui sortent de l’ordinaire et sont médiatisées. (L’Abbé Pierre, Mère Thérésa)

Dans la société dans laquelle nous vivons, notre ville, notre quartier, nous avons un rôle important : porter les valeurs chrétiennes. Donner ainsi aux sociétés et aux hommes une direction, un ensemble de valeurs qui leur permettent de répondre intelligemment aux défis politiques, institutionnels, sociaux et identitaires qui se posent.
  Notre capacité d’assumer ce rôle dépend de notre capacité à vivre notre foi et nos valeurs chrétiennes simplement, dans nos relations quotidiennes avec nos voisins et nos institutions. Trop souvent nous ne considérons nos relations qu’en terme d’évangélisation. Nous nous crispons face à ceux que nous ne considérons pas comme des élus, au lieu d’aller simplement vers eux. Le risque est de devenir lumière qui aveugle, sel qui rend infecte et finalement, écœure.

Les occasions pour nous chrétiens, pour nos églises d’être plus présents au monde sont nombreuses. Implication dans des associations, des fédérations de parents d’élèves, des comités de quartiers, des conseils municipaux, …Nous avons aussi le droit d’avoir des initiatives, d’être des visionnaires pour notre ville, notre quartier, notre village. Nous avons le droit d’être mécontents quand la justice sociale est en cause. « Lorsque la vérité trébuche sur la place publique…et que le droit n’existe plus », Dieu ne le voit-il pas d’une manière indignée (Esaïe 59 v 14-15) ? Le roi Josias « pratiquait le droit et la justice…il jugeait la cause du malheureux et du pauvre, de sorte que tout allait bien pour lui ; n’est-ce pas là me connaître ? », demande l’Eternel (Jérémie 22 v 15-16). Dieu nous rétorquera t’il comme à Yéhoyaquim : « Tu n’as des yeux et un cœur que pour ton intérêt » ? (Jérémie 22 v17


 

Christ a pleuré sur la ville. Etes-vous des chrétiens, qui pleurent sur leur ville, qui intercèdent pour leur ville, qui agissent pour leur ville ?
« Recherchez la paix de la ville… et intercédez auprès de l’Eternel en sa faveur, parce que votre paix dépendra de la sienne » (Jérémie 29 v 7)
  
  Tout le monde n’est pas appelé à être un William BOOTH, fondateur de l’armée du salut. Tout le monde n’est pas appelé à être un William WILBERFORCE élu député au parlement de grande Bretagne au début du 19e Siècle. Sa foi en christ a été la motivation d’une lutte acharnée pour demander l’abolition de l’esclavage, pour lutter contre la corruption dans les affaires publiques. Tout le monde ne peut pas être un Georges Müller…

…mais nous pouvons avoir des vocations à des échelons plus modestes, là où nous sommes placés. Le développement des œuvres chrétiennes est ralenti non par un manque de crédibilité ou de crédits tout court, mais par un manque de vision. De nombreuses œuvres sociales sont obligées de recruter des collaborateurs qui ne partagent aucunement l’éthique chrétienne par défaut de trouver des chrétiens qui s’engagent.
  Notre monde évangélique, je le crains ressemble à un stade de football où 22 joueurs sont applaudis ou sifflés par 50 000 spectateurs !

Avant de conclure, partageons ce témoignage d’Augustin GUENDOUZ, fondateur d’une association intermédiaire dans le Sud de la Drôme : « …Nous ouvrir aux autres est le meilleur moyen de montrer notre différence et de faire venir des personnes au Seigneur. Nous devons aussi être présents dans des associations ou des groupements non chrétiens, afin d’être des phares. « Que votre lumière luise aussi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux "(Matthieu 5 v 16). 

Près de Quatre cents textes bibliques traitent de la question de la justice sociale. Comment continuer à négliger cet aspect du service chrétien ? Nous ne reviendrons pas sur ce qui a été à l’œuvre lors de l’élection présidentielle et qui le sera sans nul doute lors des prochaines législatives, comme autant de symptômes d’une société malade, dé sécurisée, pleine d’incertitudes. Crise des institutions et des structures politiques, dont l’autorité est ridiculisée, bafouée. Crise des institutions et des structures sociales. Crise des valeurs et des systèmes de valeurs. Crise d’identité individuelle et collective…etc.…etc.

« Il n’y avait en ces temps point de juge en Israël et chacun faisait ce qui lui semblait bon » constate l’auteur du livre des Juges. La confusion spirituelle engendrait une crise d’autorité temporelle, faute de valeurs. C’est à cette crise, qui est en même temps individuelle et collective que les chrétiens et l’Eglise peuvent donner des réponses. C’est leur rôle et leur chance d’avoir un impact réel. A la condition nous dit Henri BLOCHER « que le protestantisme évangélique sache s’adapter sans s’adultérer.

Croyons-nous que l’Eglise ait des réponses à apporter, un message à transmettre dans notre société contemporaine ? Croyons-nous qu’elle puisse être une communauté structurante, guérissante, sentinelle ? Croyons-nous que nous chrétiens avons un rôle à tenir ou contentons-nous du confort du salut dans l’antichambre du ciel ? L’Eglise ne doit pas être le dinosaure disparu faute d’avoir pu s’adapter aux mutations de son temps. La Parole de Dieu n’est pas un fossile, mais une Parole vivante et agissante pour le monde contemporain. A nous de mettre notre grain de sel.

 

Que Dieu bénisse sa Parole ! Amen !